Motifs du transfert
Suite à des changements importants dans le gouvernement de l'Institut des Adoratrices du Précieux-Sang, organisé depuis 1945 sous forme de Généralat, la communauté prend la décision, dans les années 1970, de s'orienter vers un grand Ordre pour conserver les valeurs monastiques traditionnelles, en particulier la stabilité.
Un choix libre
À l'instar des moniales de Mont-Laurier, les sœurs, en grande majorité, portent leur choix sur l'Ordre de Saint Benoît qui offre un mode de vie assez semblable au leur, avec l'attrait de la beauté des célébrations liturgiques.
Le transfert dans l'Ordre bénédictin se fait dans le respect de la liberté de chacune. Quelques anciennes, dont certaines déjà prêtées à d'autres monastères du Précieux-Sang, font choix de rester dans la communauté de leur profession. Par contre, une de ces dernières revient au monastère pour devenir bénédictine.
Prise de l'habit bénédictin
Le 15 septembre 1973, les vingt-six religieuses du monastère - qui forment encore la majeure partie de la communauté actuelle -, revêtent l'habit bénédictin. Un nom nouveau est donné aux soeurs, et plusieurs reçoivent aussi de nouvelles fonctions. Ensemble elles entreprennent une période de formation à la vie bénédictine.
Période de formation
La période de formation à la vie bénédictine - déjà amorcée avant la prise d'habit - va se poursuivre longtemps encore après les voeux solennels émis quelques mois plus tard.
Les moniales de Mont-Laurier, avec un dévouement des plus chaleureux, font partager aux nouvelles bénédictines leur expérience de vie dans les moindres détails, aussi bien dans le domaine matériel que sur le plan spirituel.
Du point de vue liturgique, Dom Georges Mercure, o.s.b., leur transmet l'héritage de son œuvre musicale pour le chant de l'Office divin et les fait bénéficier de ses larges connaissances. De même Dom Martin Chamberlain, de Saint-Benoît-du-Lac, spécialiste en liturgie.
D'autres moines de Saint-Benoît-du-Lac apportent leur contribution, dont le Père Dom André Laberge pour le chant et l'accompagnement à l'orgue. En spiritualité, Dom Gérard Mercier initie les moniales à la pensée de saint Benoît dans un commentaire de la Règle poursuivi durant plus de trois ans. Encore aujourd'hui, Dom René Salvas continue de donner des cours de Bible, d'histoire de l'Église, etc. Mentionnons aussi l'aide apportée par Dom Raymond Carette à l'évolution de l'oblature joliettaine.
Statut juridique d'affiliation à la Confédération Bénédictine
Par un décret du 27 novembre 1973, le monastère est affilié à la Confédération Bénédictine qui lui décerne immédiatement le titre d'abbaye. Sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Paix, l'Abbaye de Joliette est un monastère extra Instituta, affilié directement à la Confédération bénédictine, et monastère sui juris, de droit pontifical et de clôture papale, soumis à la juridiction de l'Ordinaire du lieu, selon le droit canonique. Son abbesse est une supérieure majeure.
Le 4 décembre suivant a lieu la réception du décret autorisant le transfert du monastère dans l'Ordre de saint Benoît.
Profession solennelle
Le 6 janvier 1974, en la solennité de l'Épiphanie, les sœurs émettent à tour de rôle leurs voeux solennels et reçoivent la Consécration des vierges des mains de Mgr René Audet, alors évêque de Joliette. Une novice (Sœur Hélène Perreault, l'abbesse actuelle) prononce ses vœux triennaux.
Élection de la première abbesse et bénédiction abbatiale
Le jour même, Mère Marie-Benoît Trépanier, supérieure de longue date, est élue première abbesse de l'Abbaye Notre-Dame-de-la-Paix.
La Bénédiction abbatiale lui est conférée par Mgr René Audet le 24 mars suivant. La cérémonie a lieu en la Cathédrale de Joliette, pour accueillir la foule nombreuse attirée par cet événement.
Elle gouvernera la communauté jusqu'à ce que la maladie l'empêche de remplir sa charge.
Mère Marie-Gabriel Cousineau, sa prieure, lui succède en 1993.
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